Vers une prise de conscience générale sur l’utilisation abusive des pesticides

La France est le premier consommateur européen et le n°4 mondial.

Je suis intervenu au mois d’avril lors d’une audition des Sénatrices Jouanno et Archimbaut sur le thème santé/environnement, pour alerter une nouvelle fois les commissions « Affaires Sociales » et « Développement Durable » sur l’évidence aujourd’hui démontrée des dangers de l’utilisation massive de pesticides dans notre agriculture. J’ai volontairement choisi la viticulture, fleuron de notre économie qui utilise 20% de notre consommation alors qu’elle ne couvre que 3% de la surface agricole (SAU). L’étude a été réalisée dans le Médoc, région particulièrement sensible en raison de l’humidité permanente. Un rapport réalisé par l’ASTI (Association de Santé au travail inter-services) qui travaille avec les services de Médecine du Travail et le service de toxicologie de Toulouse Purpan met clairement en évidence le risque encouru par les viticulteurs en raison des mauvaises pratiques de manipulations constatées et des quantités beaucoup trop importantes utilisées.

Aujourd’hui, le lien est clairement établi entre certaines maladies et cancers neurologiques et l’exposition à ces produits. L’ANSES (Agence Nationale ) se plaint de manque de crédits pour remplir sa mission ; certains dossiers pesticides sont en attente de traitement depuis des mois malgré les signaux d’alerte très inquiétants des autorités sanitaires.
Les élus et les collectivités doivent jouer un rôle majeur et moteur dans l’abandon de certaines pratiques avant que l’on se retrouve devant un véritable désastre de santé publique.